Le règne des machines

Publication : mercredi 25 avril 2018

Les portes du bus s'ouvraient et se fermaient. Un nouvel arrêt, la routine, les visages et les petits matins froids. Les grands manteaux gris et noirs étaient voûtés comme si les vents de l'efficacité et de la rentabilité les ployaient. Parfois, un nez enrhumé, rouge et verruqueux, émergeait d'un col, aspirait de l'air et replongeait entre les plis de tissu. Les yeux embrumés contemplaient les trottoirs qui défilaient, les silhouettes fières des lampadaires et des panneaux de signalisation et penchées des vêtements. Les lumières urbaines s'éteignaient, celles des bureaux illuminaient les traits des ordinateurs et des machines à café.

Un nouvel arrêt, les portes s'ouvraient, déversaient des grappes noires, automatisées, vers leur emplacement. D'autres montaient, les portes se fermaient, le bus repartit. Le soleil se levait, il faisait flamboyer les carrosseries des véhicules, qui couraient joyeusement, profitaient de la fraîcheur matinale, encouragés au passage par les feux de signalisation.


Encore une vieillerie! Très peu de retouches, mais je n'ai pas pu résister.